"La Terre est bleue, comme une orange."
Paul Eluard

Pérégrinations d'une famille en camping car autour du monde.

Vente d'un véhicule français en Argentine

Comme nous vous l'avons annoncé ici, nous avons laissé notre véhicule en Amérique du Sud et nous l'avons vendu à une autre famille de voyageurs français, les ça roule à 4, pour qu'il (Phileas) puisse continuer son voyage à lui. Je vous explique donc un peu plus comment nous nous y sommes pris, les démarches à faire etc...

1) Alors déjà pourquoi à une famille de français ?

    Il ne s'agit pas là d'une preuve de chauvinisme ou autre, il s'agit surtout de nous faciliter les choses. Je m'explique, nous sommes français et en tant que français vendre à d'autres français, on sait faire, c'est assez simple, il y a une procédure claire que l'on connait. Ensuite, il faut savoir que certains pays en Amérique du Sud sont très réticents à l'importation définitive de véhicules (certains sont même très réticents à l'importation de n'importe quelle chose que ce soit) donc à la vente d'un véhicule étranger (c'est-à-dire étranger au pays concerné) aux habitants de ce pays, donc vendre aux locaux n'est pas toujours facile ni économique (en tout cas pour eux) car ils doivent payer beaucoup de taxes dans le meilleur des cas et parfois la loi interdit même ce type de transaction. C'est le cas par exemple en Argentine, les importations de véhicules usagées sont interdites et celles pour des véhicules neufs font que les nouveau propriétaires doivent payer ensuite 100% du prix du véhicule en taxes, oui vous avez bien lu. Troisième possibilité, vendre un véhicule étranger à d'autres étrangers mais d'une autre nationalité. Nous n'avons pas exploré cette possibilité mais il semble que ce soit assez compliqué car il n'y a pas vraiment de démarches bien établies. Il faut en général que le propriétaire vendeur reste le propriétaire mais fasse un poder (un pouvoir, une autorisation) pour que l'acheteur puisse conduire le véhicule et même passer des frontières avec. Le soucis est si l'acheteur souhaite ensuite revendre ce véhicule puisqu'il n'est pas officiellement le propriétaire. Nous avons croisé des voyageurs dans ce cas, il avait acheté un véhicule allemand, étaient australiens et ont fini par revendre leur véhicule à d'autres allemands. La vente officielle s'est réalisé entre l'ancien propriétaire (allemand donc) et les futurs acheteurs mais les sous ont été versés aux australiens.
Quand nous avons pris la décision de vendre Phileas, nous avons trouvé assez rapidement une famille intéressée et il se trouve qu'ils étaient français. Nous n'avons pas eu besoin de nous creuser la tête (enfin si mais moins que dans d'autres cas) et nous en sommes assez contents.

2) Où allez vous le vendre ?

    Etant donné notre itinéraire, nous avions prévu de finir notre voyage côté atlantique. Nous avons donc décidé de le vendre soit en Argentine soit en Uruguay. Nous connaissions des voyageurs qui ont fait la même chose à Montevideo (Uruguay donc) et nous savions que c'était possible. Les acheteurs ont émis le souhait de faire la vente en Argentine si cela était possible et cela nous arrangeait assez car notre avion de retour part de Buenos Aires. Nous nous sommes renseignés et il se trouve que nous pouvons aussi faire la vente en Argentine car finalement ce qui compte ce sont les démarches de vente en France. Nous avons donc laissé notre véhicule dans les environs de Buenos Aires.

3) Comment faire alors ?

    Alors comme je disais dans le paragraphe d'avant, ce qui importe le plus ce sont les démarches françaises. Nous allons donc retrouver les acheteurs en France (car nous rentrons en Avril et eux arriveront en Amérique du Sud en Juillet) pour faire les papiers comme pour une vente normale d'un véhicule français entre deux parties françaises. Nous allons donc faire un certificat de cession de véhicule car c'est ce document qui est le plus important finalement. C'est lui qui dit que nous avons vendu notre véhicule, qu'il n'est plus à nous mais aux acheteurs. La carte grise est un document officiel mais ce n'est pas grâce à elle que la vente est officielle. Ensuite les acheteurs vont devoir ruser car le mieux quand on voyage c'est d'avoir la carte grise mais comment faire quand le véhicule est en Amérique du Sud et que le controle technique date de Mathusalem ? Et bien, on peut essayer de contacter des personnes de la préfecture pour essayer d'obtenir une dérogation même si rien n'est garanti. Si ils obtiennent la dérogation, ils pourront obtenir une carte grise sans controle technique sinon ils auront notre vieille carte grise rayée de la mention vendu et le certificat de cession.

Information : Nos acheteurs ont déposé leur demande de carte grise, sans controle technique et sans certificat d'assurance. On pensait tous qu'il leur faudrait passer par une dérogation et vu les nouvelles réglementations et le passage par internet pour les démarches, nous pensions cela impossible mais deux jours après avoir déposé leur demande, ils ont reçu leur carte grise (en un temps record du coup car il y avait un jour férié entre temps). Les voila soulagés pour le voyage et nous aussi.

    Côté Argentin, le seul soucis était le permis d'importation temporaire. Celui-ci était à notre nom et on nous a souvent dit que cela pouvait poser problème, qu'il faudrait que les acheteurs aillent le faire refaire à la douane de Buenos Aires ou au poste de douane où nous avons fait faire ce permis d'importation et j'en passe d'autres moins intéressantes. Finalement, on s'est rendu compte que à chaque fois que l'on sort d'Argentine, on rend le permis d'importation et l'officier des douanes, le prends sans le regarder, le pose dans sa banette pour s'en occuper plus tard. Je pense donc, qu'à moins de se faire contrôler par des policiers avant de passer la douane, il n'y a aucun soucis et c'est possible de rouler avec le papier pour aller le donner dans n'importe que poste frontière et sortir du pays (et du coup avoir un permis d'importation dans le nouveau pays à son nom). Si une personne, une famille ou autre, se fait arrêter et un peu embêter par la police dans ce cas précis, je pense (mais là je n'ai pas vérifié) qu'il suffirait de dire que c'est normal, d'expliquer la situation et surtout de signifier qu'un officier des douanes de Buenos Aires a dit qu'il fallait faire comme ça (en général, si une personne de leur service a dit que c'était bon, ils ne cherchent pas plus loin... parfois ils se risqueront peut-être à demander des sous...)

4) Comment se déroulera la vente sachant qu'on ne se verra pas avec le véhicule ?

    Afin de protéger les deux parties nous avons décidé de faire une sorte de contrat avec une description la plus fidèle du véhicule afin que les acheteurs sachent ce qu'ils achètent et qu'ils puissent râler (ben oui, ils sont français non ???) si celui-ci ne correspond pas à la description quand ils le récupèreront. Afin aussi de rassurer les acheteurs (non, nous n'allons pas vendre le véhicule à d'autres) mais aussi nous (non, les acheteurs ne vont pas nous fausser compagnie en trouvant un autre camion), nous avons décidé de réaliser la vente en trois temps. D'abord, après signature du contrat, les acheteurs nous ont versé un acompte correspondant à 1/5ème du prix. Quand nous serons en France, nous nous verrons pour faire les papiers de cession de Phileas (le plus tôt possible pour qu'ils puissent avoir le temps de demander une dérogation et avoir la réponse avant de partir) et que les acheteurs nous fassent un second versement correspondant à 3/5ème du prix en échange des clés du véhicule. Une fois que les acheteurs arriveront en Argentine et récupèreront le camion, ils pourront constater si celui-ci correspond bien à leurs attentes et surtout à la description faite et nous faire un virement du reste à payer. Cette dernière partie à été très importante dans notre cas car après avoir laissé Phileas tout propre, nettoyé et rangé, nous l'avons laissé 4 mois sans qu'il soit utilisé et quand les acheteurs sont arrivés, l'hiver s'était installé avec son lot de froid, de pluie et d'humidité et à l'intérieur de Phileas, certaines choses (couettes, oreillers etc...) avaient moisies. La paroi arrière s'était aussi décollée chose qui n'était jamais arrivée avant. Nous avons donc laissé le temps aux nouveaux propriétaires de faire nettoyer les affaires, de racheter ce qu'il fallait (quand le nettoyage n'avait pas été suffisant) et de réparer la paroi arrière (la refixer). Nous les avons laissez évaluer les dégats, les couts et lorsqu'ils ont jugé que tout avait été compté, ils nous ont viré la somme manquante moins les sous nécessaires aux réparations et changements (normal quoi, le véhicule ne correspondait du coup plus au contrat).


Pour plus d'informations sur la vente d'un véhicule à l'étranger et sur la demande de dérogation, je vous conseille de lire cet article.

Je tiens encore à faire une petite précision, notre permis d'importation devait expirer début avril, nous devions donc le faire refaire et une des manières les plus simple de faire refaire un permis d'importation temporaire en Argentine est de sortir du pays puis d'y re-rentrer (le lendemain ou quelques jours plus tard). La durée classique d'un permis d'importation temporaire est de 3 mois mais comme les acheteurs de Phileas sont arrivés en Juillet et pour qu'ils aient le temps sans se presser de découvrir la bête puis de rouler avec, nous avons profité de notre passage en Uruguay pour demander un permis d'importation temporaire étendu dont la durée est de 8 mois. Cela peut être intéressant à faire au cas où.

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